RETROSPLIFTIVE

RETROSPLIFTIVE

1967 – 2012

 

« COFFEESHOP » est le mot le plus prononcé dans le centre ville d’Amsterdam. On l’entend partout, dans toutes les bouches, les gens les cherchent, les essayent, les comparent, les critiquent et viennent du monde en entier pour les visiter. Pourtant, l’origine des coffeeshops aux Pays-Bas restent un mystère pour la plupart d’entre nous. Des tas d’histoires circulent, avec des versions diverses et variées, mais jamais une étude approfondie, ni même d’ouvrage n’ont été consacrés à ce sujet …

C’est surement pour cela, qu’aujourd’hui, lorsque l’on pose la question : « Quel est le tout 1er coffeeshop de l’histoire ? », la réponse reste assez floue. Certains affirment que c’est le Mellow Yellow, sans même savoir que l’établissement situé sur Vijzelgracht dont ils parlent, n’a rien à voir avec l’original Mellow Yellow, crée au début des années 70 par Wernard Bruining… D’autres disent que c’est Rusland, ou pire encore certains ignorants jurent que c’est le Bulldog! Quelque uns, plus connaisseurs, évoquent le Sarasani d’Utrecht crée en 1968 par Holly Hasenbos, ce qui s’approche déjà plus de la vérité… enfin d’autres rappellent qu’avant même les coffeeshops, il y avait déjà des centres de jeunesse comme Fantasio, Melkweg ou Paradiso, dans lesquels la consommation et la vente de cannabis était déjà tolérée…

C’est pourquoi je vous propose de remonter le temps et de revivre la véritable et passionnante histoire des coffeeshops ! (vous pouvez rouler pendant la lecture, ça ne me dérange pas…Sourire)

 

Afrikaanse Druk Store

Amsterdam, fin des années 60 : Le mouvement provo laissait place à la période hippie ; les sons des Stones et des Beatles envahissaient les ondes, la couleur faisait son apparition dans les téléviseurs, la mode était au fluo et aux longues chevelures pour la jeune génération dont le rêve était de gratter comme Jimmy Hendrix et d’ouvrir les portes de la perception ; l’usage de diverses drogues était alors très à la mode, mais la loi sur l’opium n’était pas encore modifiée, toute consommation de haschisch ou de marijuana était donc prohibée. Provo était un mouvement de contreculture néerlandais crée le 25 mai 1965 par Robert Jasper Grootveld, un activiste anti-tabac, ainsi que Roel van Duijn et Rob Stolk, deux anarchistes. Provo fut officiellement dissous le 13 mai 1967. Avant de disparaitre, ce mouvement planta la 1ère graine qui allait être à l’origine des coffeeshops. En effet, durant cette période, Grootveld en compagnie de l’artiste Fred Wessels, ont ouvert le « Afrikaanse Druk Store » dans le Jordan, à Amsterdam; si on ne peut considérer cet établissement comme le 1ercoffeeshop de l’histoire, c’est en tout cas son plus vieil ancêtre. De la marijuana y était illégalement vendue et on pouvait même y acheter des plants de cannabis, au prix d’1 florin par plante, soit l’équivalent de 30 centimes d’euro à l’époque. Afrikaanse Druk Store représente donc la préhistoire du coffeeshop, c’est la première trace ou esquisse de ce qui allait se passer par la suite.

 

Kink 22

Pendant ce temps-là en 1967, sur Tweede Rozendwrasstraat, un salon de thé pas comme les autres faisait son apparition... le Kink 22. Cet établissement était tenu par une femme extraordinaire, qui sera toujours en avance sur son temps et qui n’est autre que Mila Jansen. Elle avait eu l’idée de crée en le Kink 22 en compagnie de Henk Koster (Designer de mode). La particularité de ce salon de thé était que lorsque vous commandiez une tasse de thé, elle vous était servie accompagnée d’un bon joint! Pour autant l’établissement de Mila ne dealait pas de bonne matière, mais le Kink 22 remporta rapidement un succès local car il collait parfaitement avec l’habitude hippie du moment, et surtout, consommateurs et dealers savaient qu’ils pouvaient s’y rencontrer pour parler business. Certains clients, venant d’autres pays, y importait leur hash local et tout cela mélangé, donnait déjà au Kink 22 les charmantes allures d’un coffeeshop. Etait-ce pour autant le 1ercoffeeshop de l‘histoire ? Non, car il n’en avait ni l’appellation, ni le fonctionnement et n’était pas reconnu comme tel. En revanche, on peut en effet considérer que Mila Jansen et Robert Jasper Grootveld, c’est l’origine, les précurseurs du coffeeshop. Afrikaanse Druk Store et Kink 22 existaient donc avant les premiers coffeeshops illégaux (qui se couvriront d’ailleurs au départ sous l’appellation de salon de thé) et avant même les centres de jeunesse où la consommation de cannabis fut tolérée.

Quoiqu’il en soit, le trafic et la clientèle du Kink 22, dérangèrent rapidement le voisinage et après plusieurs plaintes déposées, le préfet et la police décidèrent que le salon de thé devait fermer. Pour faire pression, la Police effectuait des contrôles récurrents, des clients furent arrêtés, l’immigration s’en mêla… bref le Kink 22 fut contraint de fermer ses portes. Ecœurée, Mila décida de partir pour l’Inde en 1968, elle y restera 14 ans avant de revenir aux Pays-Bas pour révolutionner une nouvelle fois l’histoire du Cannabis (je reviens là-dessus un peu plus loin dans le texte). Elle vécue à Goa, au Manali, et dans le Missouri où ses enfants fréquentèrent la Woodstock School. Quelques années plus tard après le départ de Mila, le salon de thé fut transformé afin de donner naissance à l’un des tous premiers coffeeshops de l’histoire : Cléo de Mérode.

 

Fantasio et Paradiso

Pendant ce temps (toujours en 1967 et à Amsterdam), sur Weteringschans, un bâtiment logé dans une ancienne église était squatté par des hippies. Malgré leur mode de vie marginal et leur penchant pour les cigarettes magiques, ces hippies avaient un projet : celui de transformer cette ancienne église en un centre de divertissements et de loisirs. Malheureusement la police mis fin aux festivités et la petite histoire ne dura que quelques semaines à peine.

Heureusement, les Pays-Bas, contrairement à d’autres nations, ont eu des idées plus originales que la répression pour faire face à la délinquance, et l’année suivante en 1968, la ville transforma l’ancienne église en centre de jeunesse et de culture subventionné publiquement. L’endroit fut rebaptisé Paradiso et on annonçait son ouverture pour le 23 Février 1968. Ce sera 1 mois plus tard, le 30 mars 1968 plus exactement, avec une soirée d’ouverture exceptionnelle : un show musical et lumineux devant 1300 personnes. Le succès fut total et aujourd’hui encore, le Paradiso est l’un des principaux centres touristiques et culturels d’Amsterdam.

Et ce n’est pas tout, un jour auparavant, le 29 mars 1968, pour faire face à l’errance de groupe de jeunes sans moyens et sans occupation, l’association Ankerclubhuiswerk, créa un centre pour ces jeunes et mis à leur disposition le Fantasio sur Prins Hendrikkade.

En plus des activités musicales et culturelles qu’ils proposaient, le Fantasio et le Paradiso allaient devenir les premiers centres de jeunesse où la consommation et la vente en petite quantité de cannabis allaient être plus ou moins tolérées…

 

Sarasani

Quelques mois plus tard, à Utrecht en novembre 1968, le Sarasani ouvrait les portes de sa cave situé sur l’Oudegracht. Le Sarasani est considéré comme le 1ercoffeeshop illégal des Pays-Bas. Son créateur : Holly Hasenbos, un hippie excentrique amateur de hash et de reptiles en tout genre, organisait des concerts dans sa grotte au 327 Oudegracht. La vente de cannabis n’étant pas encore décriminalisé aux Pays-Bas, le Sarasani était donc un endroit illégal et traqué par la police. Mais ce n’est pas ce qui faisait froid aux yeux de ce cher Holly. La légende raconte que son stock était protégé par 2 crocodiles : Sara et Sani. Le hash était enfermé dans un cercueil et placé dans le vivarium,  au milieu des reptiles qui veillaient tranquillement sur le précieux magot. De quoi dissuader tout policier qui voudrait se prendre pour le capitaine crochet !

Le nom du coffeeshop vient de la troupe du cirque d’Allemagne de l’Est Sarrasani, qui avait  pour habitude de poser ses tentes près du coffeeshop par le passé. Mais revenons à nos reptiles et à Holly Hasenbos, ce n’était pas qu’un simple hippie dealer de hash passionné par les lézards, mais bien un pionnier et un grand artisan de la dépénalisation des drogues douces… ce qui lui valu d’ailleurs plusieurs séjours en prison. Il se battait pour la liberté et le droit de fumer quitte à se mettre tous les esprits réfractaires d’Utrecht (maire, policiers, juges, voisinage…) à dos. Ces derniers ont d’ailleurs fini par obtenir ce qu’ils voulaient : En 1984, Holly Hasenbos fut abattu par la police dans de mystérieuses circonstances…

A partir de là, la gestion du Sarasani fut assurée par son cousin Ton Hol et sa femme Fanny Venier. Tout en conservant l’authenticité de ce lieu mythique, l’établissement évolua au fil du temps jusqu’à devenir l’un des meilleurs coffeeshops de tout le pays ; son atmosphère unique ainsi que la qualité de ses produits attiraient des visiteurs venus du monde entier… Mais, tout comme son créateur, le Sarasani finit par rendre l’âme lors d’une triste journée d’août 2007 : Ce jour-là la police interpella l’un des membres du staff du Sarasani, pour avoir vendu 9,7kg de cannabis à un allemand. Cela donna lieu à une perquisition dans la maison de l’un des propriétaires, où la police trouva 37,3kg de cannabis. Ces éléments étaient suffisamment importants pour donner le pouvoir aux autorités de fermer l’établissement. La municipalité d’Utrecht retira donc la licence du Sarasani qui ferma ses portes fin août 2007.

En tout cas, c’était donc bien le 1er coffeeshop de l’histoire, né en 1968 à Utrecht et non à Amsterdam… Il faut savoir qu’il existe une grande rivalité entre les habitants d’Utrecht et ceux d’Amsterdam, cette guéguerre s’étend jusque sur des sujets comme celui-ci… Du coup certaines mauvaises langues vous diront que : « oui mais en 1968 le Sarasani n’avait pas l’appellation de coffeeshop… »

Je leur répondrais que oui évidemment, puisque cette dénomination n’existait pas encore à l’époque…  donc personne ne l’avait. Mais dans ce cas pourquoi le Sarasani mérite-il plus le titre de 1ercoffeeshop illégal plutôt que l’Afrikaanse Druk Store ou le Kink 22? Et bien tout d’abord parce que son mode de fonctionnement ressemblait déjà beaucoup plus à celui d’un véritable coffeeshop. Mais surtout car il deviendra un coffeshop officiel par la suite et restera ouvert pendant plus de 30 ans. Alors que l’Afrikaanse Druk Store le Kink 22 ne restèrent ouverts que quelques mois et n’ont jamais obtenu le titre de coffeeshop par la suite. De plus le Sarasani n’était pas non plus à la base un centre de jeunesse subventionné comme Fantasio ou le Paradiso, non le Sarasani est né coffeeshop illégal et mort en tant que coffeeshop officiel. C’est pourquoi il faut rendre à Holly ce qui appartient à Holly : le 1ercoffeshop illégal des Pays-Bas est donc né en novembre 1968 à Utrecht.

 

Kosmos

Revenons à Amsterdam, toujours en 1968, où Fantasio devint rapidement une référence de la scène underground, pendant que Paradiso avait trouvé son rythme :

Cours de musique ainsi que de théâtre le mardi, Cinéma le mercredi (entrée = 1 florin), pendant que des concerts avaient lieu le vendredi et le samedi.

En 1969, Fantasio fut transformé en un centre de méditation et se nommait à présent Kosmos. C’était donc un centre spirituel ou de méditation, au sens large du terme. On y donnait des cours de yoga, notamment Hatha, Saswitha et Lyengar Yoga. Des cours de cuisine macrobiotique avaient lieu le lundi de 21h30 à minuit et régulièrement, des conférences sur l’occultisme, le tarot, et les rêves étaient données. Le mercredi soir c’était projections de films. Kosmos organisait bien évidemment aussi des concerts et des cours de musique. Il y avait également un studio où l’on pouvait peindre et dessiner, ainsi qu’un salon de thé d’où émanait une délicieuse odeur de chanvre indien! La bibliothèque était bien fournie avec notamment beaucoup d’ouvrages sur la philosophie et la méditation. L’accès au sauna était de 5 Florins et chaque semaine vous pouviez trouver dans Kosmos-Info, le journal du centre, toutes les informations sur les activités qui avaient lieu pendant la semaine.

Kosmos, Paradiso et, comme nous allons le voir juste après, Melkweg rencontraient un grand succès et étaient donc fréquentés par beaucoup de jeunes, notamment des hippies ; Ajoutées à cela toutes ces activités artistiques et la tendance de l’époque… il était presque évident d’y prédire l’arrivée de drogues douces. La consommation et la vente de haschisch fit alors rapidement son apparition au sein des centres. Néanmoins, ces pratiques demeuraient illégales et tout comme le Sarasani, les centres de jeunesse étaient traqués par les autorités et la police y effectuait des descentes régulières.

Mais à la fin de l’année 1969, un événement allait commencer à changer la donne puisque le gouvernement Néerlandais pris une décision importante et au combien intelligente : L’utilisation des drogues douces n’est plus une cible prioritaire pour la police, il y a d’autres problèmes plus graves et plus dangereux qui rongent notre société. De plus, la consommation de drogues douces ne conduit par forcement à celle de drogues dures. Au contraire c’est la non-distinction des 2 univers qui fait qu’un consommateur de drogues douces se retrouve plus facilement confronté aux des drogues dures et a plus de chance de s’en voir proposer. (Alors là j’applaudie! ah si les dirigeants Français pouvaient poser leur verre de vinasse 2 minutes, lire cela et se rendre compte qu’ils ont 40 ans de retard….)

L’idée partait également du principe qu’il valait mieux que les jeunes consommateurs de cannabis sachent qu’ils peuvent s‘en procurer dans un endroit désigné et encadré, plutôt qu’ils ne sachent pas où s’en procurer, et en cherchant se retrouvent à fréquenter des lieux où se trouvent les drogues dures.

Malheureusement des dealers en tout genre allaient rapidement s’immiscer dans les centres afin de profiter de la situation. On y trouvait alors bien d’autres drogues que du cannabis et l’atmosphère y était parfois très sombre. Tout portait alors à penser que cette expérience était un échec… mais au contraire, c’est justement de là qu’allait se créer une volonté de séparer définitivement l’univers des drogues douces de celles des drogues dures ; c’est là l’un des fondements et l’une des raisons principales de l’apparition des premiers coffeeshops.

 

Melkweg

Melkweg, « Milky-Way », ou encore « Voie Lactée » en français, tire son nom de ses origines puisque de 1920 à 1969, c’était une laiterie. Le 17 juillet 1970, l’ancienne usine servit pour un projet estival de la ville et fut transformée pour l’occasion en centre de jeunesse sous le nom de « Melkweg ». Ce centre se composait d’un salon de thé, un restaurant, un théâtre, un cinéma et une salle de concert. Dû a son grand succès, le projet fut répété l’été suivant et dès 1972 le Melkweg avait un fonctionnement permanent.

Depuis c’est devenu le grand théâtre du paysage culturel néerlandais et international. Il accueillit de célèbres groupes comme U2, les Beasties Boys, Foo Fighters… ainsi que de nombreuses teufs, notamment le Crossing Border Festival. Tout comme au Paradiso ou au Kosmos, à travers les activités culturelles, le deal de substances en tout genre fit son apparition. La vente de haschisch y devenait tellement commune que le Melkweg aurait pu ajouter une nouvelle corde a son arc : celle de coffeeshop! Ce n’en sera jamais un, même si dans les années 80, c’était tout comme, il y avait même un endroit dédié à la vente de marijuana…

Mais revenons en 1970, près de Rotterdam, dans les bois de Kralingse où a lieu le premier grand festival pop des Pays-Bas : Holland Pop Festival Kralingen 1970. Ce festival était en quelque sorte la réponse néerlandaise à Woodstock. La police attendait 5000 personnes, et malgré la pluie, à l’arrivée c’est plus de 120 000 fonçdés qui font la fête! Ce festival fut également l’occasion pour Henk de Vries (le futur créateur du Bulldog), d’y dealer ses premières têtes de beuh, qu’il vendait, pour l’anecdote, dans des boites d’allumettes. L’année suivante, en 1971, il fut arrêté en Allemagne avec 100 kilos de cannabis, et condamné à 3 ans de prison.

Pendant ce temps aux Pays-Bas, autorités, médecins et experts s’accordent sur le fait que les drogues dures comme le l’Héroïne et le LSD, sont beaucoup plus dangereuses et nocives que les drogues douces comme le Cannabis et qu’il faudrait donc se concentrer uniquement sur la lutte contre les drogues dures. En 1972, l’administration Néerlandaise veut même aller plus loin en légalisant complètement le cannabis. Le problème est quelques décennies auparavant, dans le cadre des Nations Unies, les Pays-Bas avaient signé des traités internationaux sur la prohibition des drogues qui interdisaient la légalisation à l’échelle nationale… Les tentatives Néerlandaises dans le but d’ouvrir une discussion sur la légalisation du cannabis furent immédiatement refusées par les voisins européens.

 

Mellow Yellow

En 1972, une ancienne boulangerie sur Weesperzijde 53 à Amsterdam est squattée par un groupe d’amis hippies dont un certain Wernard Bruining. Encore un personnage important qui va beaucoup apporter à l’histoire du cannabis. Wernard et sa bande d’amis étaient souvent visités par d’autres hippies qui venaient là pour pécho, fumer ou boire un café… à tel point que Wernard eu l’idée de transformer l’ancienne boulangerie en un salon de thé où l’on pourrait acheter et fumer du cannabis autour d’une tasse de thé. En plus ce n’était pas compliqué, à l’époque aucune licence n’était nécessaire pour ouvrir ce type d’établissement. Et c’est comme ça qu’en 1973, Wernard en compagnie d’Herman, Peter et Marian ouvrirent le Mellow Yellow.

Vous me direz oui mais ce n’est pas nouveau, en quelque sorte Mila avait eu l’idée avant lui avec le Kink 22… Oui mais c’est bien Wernard Bruining qui va parachever l’œuvre en dessinant les traits du véritable coffeeshop comme on le connaît aujourd’hui. Tout d’abord c’est lui qui va mettre en place le système des fameux « pochons », sachets plastiques dans lesquels étaient pré-emballés les échantillons de hashs et d’herbes pour la vente. Mais aussi les techniques de cachettes et de ravitaillement, la mise en place d’un seul et unique dealer dans la maison… tout ça on le doit à Wernard. La technique, d’ailleurs, pour le deal était très avant-gardiste et allait être reprise par bon nombre de coffeeshops par la suite: Wernard et Herman travaillaient derrière le bar et Peter ou Marian siégeait en face avec un gros sac en cuir, en prétendant juste être un client. Le sac en cuir était en fait rempli de différentes variétés d’herbes et de hashs, classées par catégories et pré-emballées dans des sachets de 10 et 25 florins.

Dès l’ouverture, le nom Mellow Yellow fit son apparition sur la façade du salon de thé. Cette référence à la célèbre chanson de Donovan, servait en quelque sorte de code pour ceux qui savaient de quoi cette chanson parlait et il y avait parfois une file d’attente au Mellow Yellow qui débordait jusque dans la rue… malgré tout Wernard et sa bande tentaient de rester discrets : ouverture à partir de 18h, pas de publicité, pas de feuille de canna sur la façade… La Police ignora tout d’abord le business avant que la presse ne s’en mêle : les journaux révélèrent que le Mellow Yellow utilisait un système sophistiqué de planques pour passer au travers des contrôles de police….

Le Mellow Yellow ferma ses portes en 1978 et est considéré aujourd’hui comme le 1ercoffeeshop illégal d’Amsterdam. Et même si c’est le Sarasani qui recueille le titre de 1ercoffeeshop des Pays-Bas, c’est de l’héritage du Mellow Yellow que viennent tout le mode de fonctionnement et les caractéristiques que l’on peut trouver dans la définition du coffeeshop actuel. Bien sur il n’y avait pas encore « les règles de la maison » qui arriveront plus tard et qui sont aujourd’hui présentes dans la plupart des coffeeshops, mais déjà à l’époque, Wernard avait établi qu’au Mellow Yellow on vendait juste du cannabis pas de drogues dures. C’était des hippies, ils voulaient une ambiance peace, qui se démarquerait de l’ambiance électrique des centres de jeunesse et de certains cafés où l’on ne vendait pas que des drogues douces… C’est aussi dans cet état d’esprit qu’à été conçu le Mellow Yellow. Comme nous l’avons vu, c’est aussi Wernard qui a instauré le système de cachettes, le dealer unique ainsi que les sachets et les prix fixes. Il a ouvert la voie et fait naître des idées chez certains, notamment chez Henk de Vries et Maarten Brusselers.

 

Rusland

Maarten Brusselers était un hippie sympathique mais surtout c’était un ancien client du Fantasio et du Mellow Yellow. De retour à Amsterdam en 1975, après un passage dans les kibboutz d’Israël, il va reproduire le système mis en place par Wernard, avec le salon de thé Rusland, situé dans la rue du même nom, en plein centre d’Amsterdam, qui a donc ouvert ses portes le 30 Avril 1975. Pour la petite histoire Rusland possède la licence N°001 (à partir de 1995, des licences avec un numéro ont été attribuées à chaque coffeeshop). De ce fait, bon nombre de personnes attribuent le titre de 1ercoffeeshop d’Amsterdam à Rusland. Ce qui n’est pas tout à fait vrai. Je dirais que c’est plutôt le 1er coffeeshop « officiel » d’Amsterdam et porteur d’une licence. Bref je conçois qu’on puisse accorder le titre de 1ercoffeeshop officiel d’Amsterdam à Rusland même si en 1975 ce n’était pas encore un coffeeshop officiel, et dans ce cas-là, le Mellow Yellow était là avant. Disons que je vois plutôt en Rusland un autre record, bien plus net et tout aussi remarquable : celui de coffeeshop le plus ancien parmi ceux qui sont toujours en activité. Eh oui si Rusland n’est pas vraiment le 1ercoffeeshop d’Amsterdam, c’est en tout cas le doyen des coffeeshops de la ville et même de tout le pays.

Quoi qu’il en soit Maarten Brusselers est bien un des pionniers et Rusland un des premiers coffeeshop. Il avait même mis en place un système ingénieux ou le client entrait par une porte avant et sortait par une porte arrière (sacré farceur ce Maarten!Cool). Il faut dire qu’à l’époque, au Rusland, l’espace était deux fois plus petit qu’aujourd’hui (Maarten avait-il créé des cachettes partout !?!). La déco de couleur rouge et d’inspiration moscovite qu’on connaît aujourd’hui n’était pas là non plus. Il faut dire que contrairement aux apparences, Rusland n’a aucun lien d’origine avec la Russie. Ce nom Rusland qui est donc à la fois le nom du coffeeshop mais aussi celui de la rue où il se trouve, vient du 15èmesiècle où la ville a construit cette rue pour relier deux canaux majeurs et la nommée ainsi: Willem Ruuschentuin. Au fil du temps, cette terminaison a été rebaptisée Het Ruyssenlandt, puis Het Russeland au 16ème siècle avant de donner le nom actuel, Rusland.

 

The Bulldog

Quelques mois plus tard, le 17 décembre 1975 exactement, Henk de Vries ouvre à son tour son coffeeshop : The Bulldog.

« The Bulldog, the first, the best and the biggest » (Le Bulldog, le premier, le plus le meilleur et le plus grand)… tel est le slogan du Bulldog. Alors, si je peux me permettre, je dirais plutôt : « The Bulldog, la première chaine, la plus grande et la plus commerciale » bon je suis peut-être un peu méchant en disant cela, mais c’est certainement car je n’appartiens pas à la génération des nostalgiques du Bulldog. En effet depuis mes premiers séjours à Amsterdam dans les années 90, le Bulldog était déjà considéré comme le « Mcdonald des coffeeshops », le service y était impersonnel et la weed et le hash de qualité médiocre. C’est pour cela que ma vision est certainement différente des « anciens » qui ont connus le Bulldog depuis le début. Mais attention, même si je n’apprécie guère les établissements Bulldog, j’ai un grand respect pour Henk de Vries et pour tout ce qu’il a apporté dans le monde du cannabis. Toujours est-il que, contrairement à ce qu’il revendique, le Bulldog n’est pas le 1er coffeeshop des Pays-Bas, ni d’Amsterdam. En revanche, je lui accorde volontiers le titre de 1ère chaine de coffeeshop. Quoi qu’il en soit, si le Bulldog est si célèbre dans le monde et compte autant de fans, c’est parce qu’il a un passé, une histoire, la voici :

Comme nous l’avons vu précédemment, Henk de Vries a été condamné à 3 ans de prison après s’être fait gauler en Allemagne avec 100 kilos de hash. A sa sortie, Henk rendit visite au Mellow Yellow. Et en observant le business mis en place par Wernard, il s’est dit : « Je peux faire la même chose, et en plus grand! »… et quelque part c’est ce qu’il a fait. La première pierre de son Empire fut donc le Bulldog I en 1975, ou plus communément appelé aujourd’hui, le Bulldog N°90.

Ensuite il y eu le Bulldog II qui était situé sur Hekelveld, mais qui ferma ses portes quelques années après. Entre temps, 2 autres Bulldogs voyaient le jour à Den Haag, sur Prinsestraat et Wagenstraat. Ses coffeeshops rencontraient alors un grand succès, mais cela demandait beaucoup de travail et d’énergie à Henk, qui luttait sans relâche contre les autorités pour que son Bulldog ait le droit d’exister. A l’époque, en effet, les perquisitions étaient quotidiennes, la police procédait jusqu’à 250 descentes par an au Bulldog!

Au milieu des années 80, Henk va répondre à sa manière aux autorités, en ouvrant son 3ème coffeeshop, le Bulldog Palace, en lieu et place de l’ancien commissariat de police de LeidsepleinCool. Le Bulldog qui était alors le plus célèbre des coffeeshops, le devint encore plus. Malgré de nouvelles descentes, notamment en 1987, où des agents en civil parvinrent à acheter une grosse quantité de hash dans l’un des points de vente du Bulldog, l’Empire de Henk continua de s’étendre :

Avec l’arrivée du Bulldog Energy et le Bulldog Mack, tous 2 voisins du Bulldog 90 sur Oudezijds Voorburgwal, puis le Bulldog Rockshop sur le Singel, le Bulldog Lounge sur Spuistraat, ainsi que The Bulldog at Night (la boite de nuit) pendant une courte période il y eu également des locaux sur Zeedijk et aujourd’hui il ya même un Hotel Bulldog situé au Sri Lanka et un bar à Vancouver…

Henk de Vries est aujourd’hui millionnaire et à la tête du plus grand et du plus célèbre Empire des coffeeshops.

 

Buggy

En 1976, la loi sur l’Opium fut modifiée. Ça y est le rêve devenait réalité ! Enfin pas tout à fait car le cannabis n’était pas encore légalisé (et ne l’ai toujours pas d’ailleurs) et la consommation de drogues douces demeurait punissable, mais ce n’était plus un délit. La vente en petite quantité (jusqu’à 30 grammes) était à présent tolérée. Suite à cela, la consommation et la vente de haschisch devint chose commune dans la plupart des centres de jeunesse de tout les Pays-Bas. Les premiers coffeeshop firent leur apparition, notamment le Any Time en 1977 à Alkmaar. Rapidement le succès bâtait son plein, certains établissements devenaient plus que rentable. Au début, niveau fiscalité, il était difficile de contrôler exactement leurs revenus, ce qui allait attirer un tout autre de style de patrons dans le monde des coffeeshops. Jusque là c’était pratiquement tous des anciens hippies… mais de plus en plus, débarquaient des hommes d’affaires louches et des criminels mafieux, qui voyaient en ces coffeeshops de formidables machines à blanchir leur argent sale.

Parmi ces grands criminels, on comptera Thea Moear, surnommé « The Godmother » et fille de la légendaire Blonde Greet. Thea Moear était une criminelle d’une beauté rare, elle reporta d’ailleurs le prix de « Miss Hot Pants » en 1970. Un an auparavant, à sa majorité, elle se mariait avec le célèbre dealer de hash Hugo Ferrol. Quelques années plus tard, elle sera la partenaire d’affaire du grand baron de la drogue : Klaas Bruinsma. Tous2 étaient à la tête de plus grand syndicat du crime des Pays-Bas, fondé au milieu des années soixante-dix. Leur empire de la drogue dominait l’Europe avec un chiffre d’affaires de plusieurs millions de Florins par jour. Tous les moyens sont bons pour blanchir l’argent : parcs immobiliers, restaurants, cafés… Ils avaient même rachetés pour 4 millions de Florins, une société qui exploitait les machines à sous ; Il semble également que le bordel de luxe Yab Yum leur appartenait en partie. Si Bruinsma se spécialisera plus tard, dans les années 80, dans le trafic d’héroïne et de cocaïne, c’est du business du haschisch, principalement, que provenait les revenus de l’empire fondé avec Thea Moear. Ils travaillaient beaucoup avec le Pakistan, mais avaient aussi des fournisseurs au Maroc, au Liban et en Syrie.

Thea Moear s’occupait des finances de l’empire et de blanchir l’argent. En 1976, elle ouvre son coffeeshop, de Buggy (la poussette), sur Jacob Van Lennepstraat. C’est l’un des 1er coffeeshops de l’histoire, né juste après Rusland et le Bulldog donc. Je suppose que le coffeeshop Buggy 2000, situé Da Costastraat, lui appartenait également. Il est évident qu’en plus d’écouler une partie du hash de l’empire de Bruinsma, ces 2 établissements ont servis pour le blanchissement d’argent, mais Thea Moear n’était pas la seule à utiliser ce genre de pratique ; la mafia chinoise, très présente à l’époque dans le quartier rouge, possédait également quelques bordels et coffeeshops.

 

Happy Family

Les Happy Family étaient à la base des centres de jeunesse subventionnés par l’état et fondés par un certain Steve Brown. Steven Kees Aaron Brown est né le 26 octobre 1954 en Californie USA. Quelques années après sa naissance, sa famille déménage à Amsterdam, où il grandit dans le Pijp. A l’âge de 25 ans, il était à la tête d’une organisation criminelle : Sa fondation « Happy Family » avait crée des centres de jeunesse à Amsterdam, mais qui ont en fait servis de couverture pour le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Quelques années plus tard, Steve Brown reconnaitra d’ailleurs, avoir été fortement actif, durant cette période, dans le business illégal de haschisch.

Si la fin des Happy Family est plutôt tragique, leur conception et leur histoire est vraiment extraordinaire. C’était en quelques sortes « les restos du cœur »  des coffeeshops. A de nombreuses occasions au cours de l’année et notamment à Noel, au Happy Family, on distribuait des repas, des conserves et des boissons chaudes aux plus démunis. Le Happy organisait également des séjours en vacances pour les jeunes qui n’avaient pas la chance de pouvoir voyager. Certes les établissements Happy Family ne payaient pas de mine et leur clientèle était souvent formée de fumeurs miséreux ou de gens de la rue, mais justement ces centres étaient nés pour eux, pour qu’eux aussi aient une famille: celle des Happy Family! A coté de tout ça, la vente de drogues douces y était tolérée mais ça ne dérangeait personne jusque-là et les Happy Family étaient finalement plutôt bien vus par l’opinion publique grâce notamment aux actions caritatives exercées.

Le 1er Happy Family vit le jour en 1979 sur Rustenburgerstraat, au N°207 plus exactement. Le centre percevait une subvention de 180 000 Florins annuelle. Rapidement un autre établissement ouvrit ses portes sur Overtoom, suivi par un troisième sur Nes et un 4ème sur Dapperstraat. Le succès est tel que le centre de jeunesse situé sur Nes devient un véritable coffeeshop et le Happy Family crée même sa propre boite de nuit : le Happy at Night !

Tout allait pour le mieux et les dauphins du Happy Family nageaient dans le bonheur, oui mais voila le succès et les bénéfices… c’est finalement ce qui allait faire chavirer le beau navire diriger par Steve Brown. Tout d’abord, suite à des plaintes de voisinage, la police fit une descente au Happy Family en 1982, y saisit 1,5 kilos de haschisch et confisqua un grand nombre de cassettes vidéo piratées. Puis en 1984, le scandale éclate : Le fisc mit le nez dans le rapport annuel (de 1983) de la fondation ; il y dénonça d’énormes irrégularités et soupçonnait que certaines sommes d’argent étaient blanchies. De plus, une étude approfondie menée par le cabinet d'expertise comptable Van Dien et Co. ainsi qu’un audit municipal, confirmèrent les soupçons sur le Happy Family, et accusèrent la fondation de n’être, en réalité, qu’une façade pour le trafic de drogue à grande échelle. Parce qu’Happy Family est une fondation, elle ne devrait donc faire aucun profit, l’IRS ouvrit également une enquête et conclu que le commerce de drogues douces exercé par les établissements Happy Family avait généré un chiffre d’affaires de 12 millions de Florins, dont 4 millions de bénéfices net.

La fondation étant alors subventionnée par l’Etat, l’affaire fit scandale auprès de l’opinion public. D’appels en procès, le Happy Family essayait de se défendre. Par manque de preuve, certaines poursuites n’aboutirent pas mais les aides furent supprimées et de d’importantes sommes d’argent furent saisies des comptes de la fondation. Steve Brown s’en sortaient bien et ses établissements restèrent donc ouverts à l’issue des procès. Mais l’image des Happy Family était devenue tellement mauvaise, qu’ils disparurent peu à peu à la fin des années 80. Steve Brown mis un point final à l’aventure en 1990. Par la suite, il travailla occasionnellement avec la mafia yougoslave à Amsterdam et pour l’organisation de Klaas Bruinsma, notamment dans le trafic de haschisch et d’ecstasy. Dans les années 90 également, il fut le témoin clé dans l’affaire contre Martin Hoogland. Depuis pas mal d’ouvrage ont été consacrés sur la vie de Steve Brown, lui-même en a publié quelques-uns. Aujourd’hui businessman retiré du milieu criminel, Steve Brown a tout de même récemment défrayé la chronique par ses querelle avec le journaliste Peter R. de Vries.

 

T-Boat

Vous l’avez certainement déjà vu sur une carte postale… le T-boat est presque le seul coffeeshop-péniche qui ait existé à Amsterdam (Il y eu également le Cornelia sur Keizergracht dans les années 80, mais beaucoup moins connu). Certes ils en existent d’en d’autres villes néerlandaises, et qui sont d’ailleurs toujours en activité, mais sur les canaux de la Venise du Nord, le T-boat fut et restera quasiment le seul de l’histoire car la loi ne permet plus ce type de coffeeshop aujourd’hui.

Ce fut lui aussi l’un des 1er coffeeshop des Pays-Bas, il aurait même pu être le 1er, car le T-boat ouvrit ses portes dans les années 60 et il s’en échappait déjà une douce odeur de chanvre. Mais au début, c’était plutôt un squatte pour hippies où on pouvait venir partager un joint, se relaxer… puis il changea de look au fil des années, jusqu’à se transformer, durant les années 80, en coffeeshop « officieux » qui exerçait également la fonction de Bed & Breakfast. Le T-boat ne deviendra coffeeshop officiel que bien plus tard, en 1991. Il participa à la 6ème Cannabis Cup en 1993 et y accrocha une 2ème place dans la catégorie « Originality ».

Mais le plus grand moment de son histoire intervient en 1983 : Lorsque qu’une scène d’un célèbre film de fonçdé, « Cheech and Chong’s : Still Smoking » fut tournée sur le bateau. Ah qu’on était bien sur la terrasse du T-boat, en train de kiffer la vue sur les canaux, un oinj de Kabouter au bec! Malheureusement au début des années 2000, le ministère de l’époque finit par obtenir ce qu’il voulait, à savoir l’interdiction de tous coffeeshops sur les canaux d’Amsterdam. Et le 1er avril 2002 (ah si seulement ça avait pu être un poisson…), le T-boat fut donc contraint de fermer ses portes pour notre plus grand désarroi. Oui vraiment le T-boat est, avec le Sarasani, le coffeeshop que je regrette le plus de nous avoir quitté, je les échangerais volontiers contre quasiment n’importe quels coffeeshops actuels pour les faire revenir…

 

L’explosion des coffeeshops

Durant les années 80, nous allons observer l’explosion du nombre de coffeeshops et le déclin des centres de jeunesse.

En 1980 au Pays-Bas, on recensait quelques coffeeshops à Arnhem, Rotterdam, Den Haag, Utrecht, ou encore Haarlem, mais ce phénomène était encore rare. Et Amsterdam ne comptait qu’une vingtaine d’établissements seulement, dont : Biba, Boedha’s Joint Paradise, Buggie, Bulldog I, Bulldog II, Fairy Nuff, Glory’s, High Noon, Jet-Set, The Other Place, Rusland, Screen, Het Smoesie, The Spirit, T-boat, YoYo…

Mais ce nombre n’allait cesser de croître durant toute la décennie, condamnant peu à peu, le deal de haschisch dans les centres de jeunesse à disparaitre.

En 1981, le Hard Rock Café, la célèbre chaine de café américaine, ouvre son coffeeshop sur Oudezijds Voorburgwal, avec la devise : « Come high, get higher! » (en gros : venez défoncés, repartez encore + déchirés !). La même année voit l’arrivé du So Fine sur Prinsengracht et du Jolly Joker sur Nieuwmarkt, qui est d’ailleurs toujours ouvert aujourd’hui. Il sera rapidement rejoint, sur la même place, par 4 autres haschisch-bars : Zwabbertje (l’ancêtre du Experience et du Green Place), Club 1001 (ancien Belmondo et Café Del Mundo), Studio 14 (ancêtre du Happy House et de l’actuel Hill Street at the Market) et enfin le Coffeeshop 13.

1982: naissance de Sativalex ! (bah oui j’ai le droit de me mettre dans l’histoire comme c’est moi qui la raconte…Cool). Plus sérieusement 82 voit l’arrivée du Bluebird. Le Bluebird fut le rendez-vous international de beaucoup d’amoureux de la fume dans les années 80 et jusqu’au début des années 90. Il est toujours ouvert aujourd’hui mais a perdu de sa superbe depuis les années 2000. Mais autrefois le Bluebird c’était fantastique, il y avait une grande sélection d’excellents hash, on pouvait y consommer des pizzas, des gâteaux, il y avait même des sushis le samedi soir pour 10 florins et le chaleureux staff parlait je ne sais combien de langues (français, italien, espagnol, finlandais, allemand, grecque, portugais…) ce qui facilitait la fréquentation des étrangers. Mais ce n’était pas non plus le type de coffeeshop plein de touristes, proche de la gare, où tu te tapes tous les footix du cannabis, nan le Bluebird avait une grande fréquentation de touristes, mais peuplée de connaisseurs.

Bon ce que j’ai oublié de vous dire c’est qu’à l’époque, et ce jusqu’à la fin des années 80, l’herbe néerlandaise… c’était vraiment du foin! Les beuh importées avaient plus de succès, il y avait de la Sinsemilla, de la Colombienne, de la Thaï… ça n’avait rien à voir avec les croisements de Haze d’aujourd’hui. A cette période, en fait, on fumait surtout du hash, car le choix et la qualité étaient alors supérieurs à celle de l’herbe. On trouvait déjà d’excellents marocains, libanais, et népalais. Certains coffeeshops possédaient déjà un menu mais souvent c’était un bout de papier avec le nom des variétés griffonné au stylo. Il y avait aussi la « Happy » le jeudi, que pas mal de coffeeshops respectaient et qui consistait à proposer des promos ce jour là. On passait pas mal de cartoon aussi à l’époque dans les coffeeshops, beaucoup avait une grande collection de cassettes vidéo. Les descentes de flics étaient bien plus nombreuses qu’aujourd’hui et il y avait encore un peu de l’atmosphère hippie. Ah c’était une toute autre ambiance, j’aurai aimé la connaitre, juste pour voir… je payerai cher pour posséder la machine du docteur Emet Brown et remonter le temps pour me balader dans les rues d’Amsterdam dans les années 80.

 

Les premières chaines

Puis se développe également un nouveau phénomène qui va dans la logique même de tout marché économique : la création des premières chaines de coffeshops.

Si certains patrons possédaient déjà plusieurs établissements, aucun ne les avait encore ralliés sous la forme d’une seule et même enseigne. Il va y avoir 3 pionniers en la matière : The Bulldog, Prix d’Ami et Fancy Free.

Pour le Bulldog, je pense que la plupart d’entre vous mesurent la densité de son empire, c’est l’exemple même de réussite en terme de développement chaine de coffeeshops, avec des établissements qui s’étendent aujourd’hui de Vancouver à Siri Lanka, en passant par Amsterdam bien sur.

En ce qui concerne Prix d’Ami, si beaucoup connaissent l’actuel établissement situé sur Haringpakkersteeg, peu de gens savent ou se rappellent que dans les années 80, il y avait 2 autres coffeeshop Prix d’Ami à Amsterdam : un sur Reguliersdwarsstraat et un sur Nieuwendijk.

La 3ème grande chaine fut Fancy Free. C’était des coffeeshops assez sobres, avec un design moderne, pendant longtemps il y eu 2 Fancy Free : un sur Martelaarsgracht et l’autre sur Haarlemmerstraat. Un peu plus tard, un 3ème établissement verra le jour sur Martelaasgracht, juste à coté du premier, mais ce Fancy Free était réservé au débit de boisson alcoolisé.

Par la suite d’autres grandes chaines feront leur apparition, comme Grasshopper, Greenhouse, Real Thing, Rokerij… mais nous reviendrons là-dessus un peu plus tard.

 

L’explosion des coffeeshops (suite)

Retour en ce début des années 80, on le nombre de coffeeshops ne cesse d’augmenter. Parmi les nouveaux, on compte d’excellents établissements : Free City, Siberie, De Runner, La Tertulia, The Stoneage, Trinity, Joy Stick, Pie in the Sky, Transkei, Club Media ou encore Goa, le 1er coffeeshop de Ben Dronkers.

A noter aussi, que dans les années 80 et jusque dans les années 90, un autre type d’établissement s’est développé: les Hash-Taxis. Et non, vous ne rêvez pas, tout comme on commande une pizza, il était possible, à l’époque, de se faire livrer sa weedCool! Il était même possible, à Amsterdam, de se faire livrer des spacecakes, 24/24h, avec Rollo’s Spacecake-Express, bref c’était le délire!

1984, Naissance de ma belle : IndiClaire! Et d’une pluie de coffeeshops : Balou, Catch 33, Centurion, Club Media, Conan, Fancy Free, Future, Rick’s, Siberie, Zig Zag…

Puis en 1985 ce fut l’explosion, les coffeeshops poussaient comme des champignons, avec pas moins de 30 naissances rien que pour cette année! Résultat, au milieu des années 80, Amsterdam comptait déjà une centaine de coffeeshops dont : Adam en Eva, The Afternoon, Het Ballonnetje, Balou, Barney’s Breakfast Bar, Basjoe, Bellamyplein, Bertoni, Biba, Biba II, Blowing one, Blue Bird, Boedha’s Joint Paradise, Bom Shankar Chai Shop, Bon Ami, Brandero, Buggie, Buggie 2000, Bugs Bunny, Bulldog I, Bulldog II, Bulldog Palace, Casa Blanca, Catch 33, Centurion, Cherokee, Chocolata, Club 1001, Club Media, Coffeeshop 13, Coffeeshop 585, Conan, Cornelia, Dutch Delight, Eilandje, Fairy Nuff, Fancy Free I, Fancy Free II, Flower Power, Free City, Free-I, Future, Het Gelderse, Glory’s, Goa, Good Buy, Happy Family, Happy Feelings, Hard Rock Café, Haussmann I, Haussmann II, Het Heilige Huisje, High Noon, High Sky, High Times, Hunter’s, Jabba, Jet-Set, Jolly Joker, Joy Stick, Karel Appel, Katsu, De Keeper, Kif Kif, Kloon, The Last Waterhole, Laurier, Marilyn Monroe, Number One, Nogal Wiedes, Old Church, The Other Place, De Overkant, Pablow Picasso, The Pie in the Sky, Pleasure, Prix d’Ami I, Prix d’Ami II, Prix d’Ami III, The Reefer, Rick’s, Risky Business, Rumours, De Runner, Rusland, Sanementereng, Screen, Siberie, Het Smoesie, Smokie, So Fine, Spaceland, The Spirit, The Stoneage, The Stud, Studio 14, La Tertulia, Transkei, T-boat, Trinity, TuttiFrutti, Tweede Kamer, Twilight Zone, UFO, YoYo, Zig Zag, Zwabbertje…

1986, c’est notamment la naissance du Barney Breakfast Bar, du Chocolata et du Pablow Picasso. Ce dernier, pour la petite histoire était situé quelques numéros plus loin que son emplacement actuel sur Haarlemmerstraat ; ce n’est qu’en 1993, qu’en lieu et place du coffeeshop Back to the Seventies, le Picasso déménagera à l’emplacement qu’on connait aujourd’hui.

Jusque là, les coffeeshops rivalisaient d’inspiration pour donner un nom attractif à leur établissement : il y avait ceux qui rappelaient les sixties (Aquarius, Flower Power…), le coté de la scène américaine (Hard Rock Café, Miami Split…) ceux liés au circuit ethnique (Deniz, Arzum, Sheeba…), ceux d’inspiration artistique (Karel Appel, Picasso), un clin d’œil au Haschisch marocain (Casa Blanca, Ketama, Kif Kif…) ou encore ceux tirés de cartoons (Bugs Bunny, Balou…), ce qui value à certains quelques procès…

Mais en novembre 1987, une évolution de la loi concernant l’affichage et la publicité des coffeeshops donna lieu à certains changements : Si certains firent disparaitre la feuille de cannabis de leur enseigne, d’autres, aux noms trop révélateurs furent même rebaptisés! Ainsi, le « High Noon » devint « The Noon », le « High Sky »  devint « Intersky », le « High Times » fut rebaptisé « Easy Times » et enfin la lettre grecque « Pi » remplaça The Pie in the Sky.

On observait aussi pour la première fois, la vente et le rachat de certains coffeeshops : « The Afternoon » changea de propriétaire et se nommait désormais « Betty Boop », « Cherokee » devint « Passion Fruit », « Number One » devint « African Black Star », « Pleasure » devint « Blues Brothers », « Rumours » devint « City Hall » et « Zig Zag » devint « Cobra ».

En 1987 également, c’est l’arrivée, entre autres, de Sheeba, De Kuil, De Republiek et du 7th Heaven, ce dernier, malgré la nouvelle législation en termes d’affichage pour les coffeeshops, va célébrer son ouverture avec une grande campagne publicitaire.

Puis en 1988, ça continue, avec les créations notamment du Smokey, Cobra, Blue Brothers, Kadinsky, Old Style ou encore Grasshopper.

Enfin en 1989, un ancien client de l’original Mellow Yellow, fondé par Wernard au début des années 70, lui rend hommage en créant un nouveau Mellow Yellow situé sur Vijzelgracht.

Pendant ce temps là, dans les centres de jeunesse, le deal de haschisch est devenu quasi-nul. Ce qui permis aux autorités, de relâcher la surveillance de ces centres et se concentrer uniquement sur les coffeeshops.

Si lors de la fin de cette décennie, on observa la fermeture d’une trentaine de haschisch-bars dont : De Runner, Haussmann, Happy Family, Laurier, Marilyn Monroe  ou encore UFO, on constate surtout un grand nombre de naissances avec des coffeeshops qui continuent d’éclore un peu partout, parmi lesquels :

7th Heaven, A’dam, Avanti, Back to the Seventies, The Best, Big Fun, Le Bonheur, Borderline, Central, Choice Exact, Cobra, Coffeeshop 36, Crumb, De Cuyp, Dr. Anders, Dreadlock, Dutch Dream, Extase, The Fact, Flirt, Free Amsterdam, Fritz, Front Page, The Grasshopper, El Guapo, Harem, Handy’s Home, Happiness, High Light, Homegrown Fantasy, Just-a-Puff, Kadinsky, ‘t Keteltje, De Kuil 420, Loading Zone, Marmaris, Maccoland, Magnolia, Mediterrané, Mister Adam, Nice Dreams, Old Amsterdam, Old Style, De Oude Kerk, Outer Limits, Paradise, Pasha, Pick up the Pieces, Rania, Red Light District, De Republiek, Roma, Rookkamer, Sacré Coeur, Sheeba, Smokey, Speak Easy, Stopera, Strange Fruit, Trend, Vendance, Whoopie… En 1988, Amsterdam comptait environ 300 coffeeshops.

 

Cannabis Cup

C’était alors le moment opportun, pour créer ce qui manquait à l’univers des coffeeshops : une compétition pour les départager. Tout commence en 1987, où Steve Hager, le rédacteur en chef du magazine High Times, effectuait un séjour à Amsterdam afin d’y écrire un article sur Nevil, le créateur de « The Seed Bank », la 1ère banque de graines de cannabis des Pays-Bas. Pendant qu’il travaillait sur son article, Steve rencontra d’autres américains qui lui parlèrent des grands festivals de récolte qui avaient lieu en Californie dans les années 70. « Pourquoi ne pas reproduire ce genre d’événement à Amsterdam ? Ce serait le lieu idéal… ». Cela devint réalité dès l’année suivante.

C’est donc en janvier 1988 qu’eu lieu la 1ère Cannabis Cup. A son origine aucun coffeeshop ne participait lors de cette édition. Seul 4 banques de graines concouraient : The Seed BankSuper Sativa Seed Club (S.S.S.C.)Cultivator’s ChoiceSensi Seed Club. Et il y avait seulement 3 juges : Dr.Indoors, Jiffy Schnack et Steve Hager. Chacun des juges reçu 13 pochons de cannabis à tester et à évaluer. C’est Cultivator’s Choice qui remporta cette 1ère Cannabis Cup avec la Skunk #1. A noter qu’à la fin du festival, nos 3 juges eurent la chance d’effectuer une visite au Cannabis Castle situé près de Nijmegen.

L’année suivante, la compétition fut reconduite avec les 4 mêmes banques de graines, qui, cette fois-ci, fournissaient encore plus d’échantillons : 19 variétés, classées dans 4 catégories : "mostly sativa", « partly sativa », « mostly indica » et « partly indica ». Le jury était composé de 6 personnalités dont : Ed Rosenthal, Patty Collins et Flick Ford. Les critères de notations étaient les suivants : gout et arôme (de 0 à 10), puissance et qualité de la défonce (de 0 à 15), consistance et aspect visuel (de 0 à 5). C’est The Seed Bank qui remporta rafla toute les catégories dont la 2ème Cannabis Cup avec Early Pearl/Skunk #1 x Northern Lights#5/Haze. Durant le festival, nos juges visitèrent la Nevil’s Seed Bank, le Hash Museum, pas mal de cofffeeshops d’Amsterdam et le Sensi Smile à Rotterdam. La cérémonie de fermeture eu lieu au restaurant Yum-Yum, voisin du Sensi Smile.

La 3ème Cannabis Cup pris place quelques semaines avant que The Seed Bank soit contrainte d’arrêter son business. En guise de cadeau d’adieu, The Seed Bank rafla de nouveau les 4 catégories dont la Cannabis Cup avec la Northern Lights #5. Cette année, les juges comprenaient notamment : Robert Jasper Grootveld (tiens le revoilà celui-làCool), Kees Hoekert, Gilbert Shelton, Paul Mavrides et Thom Harris.

La 4ème Cannabis Cup était marquée par l’absence des banques de graines et par l’entrée des cofffeeshops. La compétition devint alors un « coffeeshops crawl ». Ainsi, le Blue Bird, Free City, The Hustlers et La Tertulia, fournissaient toutes les variétés.

(Pour consulter les autres éditions et obtenir plus d’infos sur la Cannabis Cup, rendez-vous dans la rubrique « Cups & Festivals » du site)

 

Pollinator ou le retour de Mila Jansen

Le début des années 90 fut marqué par le grand retour de Mila Jansen qui  allait révolutionner le hash Néerlandais! C’est au printemps 1993, que lui est venue l’idée du 1er Pollinator. Mila, qui à l’époque procédait déjà a une grand collecte de résine afin d’y faire du hash, a eu le déclic en regardant le tambour de son sèche-linge que Mila va avoir le déclic : « Ces tissus tombaient de la même manière que lorsque je secouais mes feuilles de manucure… ». Dans les heures qui suivirent, elle récupéra un vieux sèche-linge. Après avoir remodelé le tambour à son gout et fait quelques ajustements… la 1ère machine électrique à produire du hash était née! Cet astucieux système de tambour dans lequel était secoué les feuilles et d’où chutaient les cristaux de résine pour être recueillit plus tard, allait révolutionner l’industrie du hash néerlandais. Non seulement la qualité était excellente et le processus ne prenait que quelques minutes, pour un résultat qui représentait traditionnellement plusieurs heures de travail intensif. Son produit, le Pollinator, est présenté à la Cannabis Cup et récolte les louanges de tous. Le succès est tel que quelques mois plus tard, en 1994, elle ouvrit les portes de son atelier sous le nom de Pollinator Company et commença à vendre ses incroyables machines au monde entier. Plusieurs modèles de Pollinator sont alors disponibles selon les récoltes désirées, allant du simple consommateur au grand trafiquant. Les producteurs de cannabis étaient désormais en mesure de produire de hash de haute qualité, à partir de matériaux qui étaient auparavant considérés comme des déchets. Mais Mila nous réserva la cerise sur le spacecake pour 1997, où elle inventa le Bubbleator. Cette nouvelle machine qui grâce au travail de l’eau, de la glace, et de tissus d’écran, permet d’obtenir le fameux et puissant Ice-o-lator. D’ailleurs dans son atelier sont exposés des échantillons des 4 coins de la planète, que les gens lui envoie après lui avoir acheté un bubbleator ; il y en a de partout: USA, Paris, Mexique, Royaume-Uni, Amérique du Sud, Australie… Ah Mila, la reine du Hash, je suis un grand admirateur de cette femme et j’ai eu la chance de partager pas mal de moments avec elle. Notre première rencontre date de 2001, dans son atelier, où elle m’a fait étalage de toute sa technique et de son expérience pour fabriquer son incroyable hash. Depuis on en a passé du temps ensemble, en prenant le thé, en contemplant des tricônes au microscope ou encore en cherchant des bouquins dans ses étagères qui débordent d’information sur le cannabis… Je ne devrais pas le dire mais je lui ai souvent acheté de ses délicieux hash fais maison, un jour elle m’a même fait cadeau d’un des échantillons réservé au juges lors d’une Cannabis Cup! Je me souviens aussi d’une fois, à l’atelier, où elle m’a montré un colis qui venait d’arriver au courrier le matin même ; le colis portait une étiquette : « open by US customs » (ouvert par la douane américaine). Elle me montra alors ce que contenait le colis : c’était un bracelet constitué de boules apparemment en terre cuite ; en fait une boule sur 2 était peinte de couleur rouge et les autres boules… eh bien c’était du hash! Les chiens avaient dus renifler le colis, mais le procédé était si ingénieux, que les douaniers n’ont rien calculé en l’ouvrant et en voyant le bracelet, hahaha mdr ! Une des dernières fois où on s’est vu, elle m’a raconté son récent séjour au canada, comment était la weed là-bas et comment la mentalité évoluait par rapport au cannabis… c’est vraiment toujours un plaisir de papoter avec elle!

Dernièrement, en 2011,  elle a sorti son film « Mila’s Journey », passionnant et émouvant, il rencontra un énorme succès. Je suis content que Mila ait enfin le mérite qui lui revint de droit, car ça m’énervait un peu que des personnalité comme Arjan ou Ben Dronkers obtiennent toutes les retombées médiatique du monde du cannabis et que le travail de Mila reste dans l’ombre. J’avais même l’impression à un moment que High Times la boudait tellement ils lui filaient des stands pourris lors de la Cup… Mais aujourd’hui de plus en plus de gens connaissent et reconnaissent enfin le travail et le talent de la reine du haschisch! Ah Mila, si tu savais comment j’te kiffe… merci, merci, merci pour tout ce que tu as fait pour l’univers du cannabis et pour ce que tu es tout simplement… Mmmmooouuuaaahhh !!!!!

 

Highlife Cup

Lassés par le fonctionnement de la Cannabis Cup américaine, les hollandais créèrent eux aussi leur propre compétition : la Highlife Cup. A l’origine Boy Ramsahai et son magazine néerlandais Highlife. La 1ère édition de cette Cup se déroula le 4 décembre 1993, dans la grande salle du Trianon, situé sur l’Oude Gracht à Utrecht. Cette compétition n’est pas un coffeeshop crawl comme son homologue américaine, mais à la particularité d’offrir la possibilité à n’importe quel coffeeshop des Pays-Bas d’y participer (alors que la Cannabis Cup, s’adresse aujourd’hui exclusivement aux coffeeshops d’Amsterdam). Au passage, je vais rendre service au site internet "www.cannabiscupwinners.com" qui est sensé être le site référence en matière de compétition de cannabis… mais qui n’est même pas foutu de retrouver les résultats des premières éditions de la Highlife Cup, les voici donc :

 

1ère Highlife Cup Utrecht, 1993:

 

-Catégorie Bio:               1. Catweazle (Culemborg) pour « White Widow»

                                       2. Dutch Flowers (Amsterdam) pour « Skunk Special »

                                       3. Sensi Smile (Rotterdam) pour « Sensi Northern Lights »

 

-Catégorie Hydro:           1. Dutch Flowers (Amsterdam) pour « Shiva »

                                       2. Sensi Smile (Rotterdam) pour « Sensi Haze »

                                       3. Highlander (Tilburg) pour « Repelsteeltje »

 

-Catégorie Outdoor:       1. Catweazle (Culemborg) pour « Citrol »

                                       2. Sensi Smile (Rottedam) pour « Sensi Durban »

                                       3. Genesis (Geleen) pour « Northern Lights »

 

2ème Highlife Cup Amsterdam, 1994:

 

-Cat. Coffeeshop Bio:               1. Het Paradijs (Breda)

                                                  -. Fool’s Paradise (Arnhem)

                                                  3. Sensi Smile (Rotterdam)

                                                  4. Sixty Two (Middelburg)

                                                  5. Dutch Flowers (Amsterdam)

 

-Cat. Coffeeshop Hydro:             1. Sensi Smile (Rotterdam)

                                                    2. Het Paradijs (Breda)

                                                    3. Fool’s Paradise (Arnhem)

                                                    4. Greenhouse (Amsterdam)

                                                    5. Dutch Flowers (Amsterdam)

 

-Cat. Coffeeshop Outdoor:        1. Fool’s Paradise (Arnhem)

                                                  2. De Boot (Hoorn)

                                                  3. Dutch Flowers (Amsterdam)

                                                  4. Catweazle (Culemborg)

                                                  5. Flower Power (Eindhoven)

 

 

-Cat. Growshop Bio:                  1. THC (Tiel)

                                                  2. Plantage (Eindhoven)

                                                  3. Sensi Seed Bank (Amsterdam)

 

-Cat. Growshop Hydro:              1. Sensi Seed Bank (Amsterdam)

                                                  2. Boikweek (Tilburg)

                                                  3. Hydro Hobby (Arnhem)

 

-Cat. Growshop Outdoor:           1. Positronics (Amsterdam)

                                                   2. Hydro Hobby (Arnhem)

                                                   3. Roots (Rotterdam)

  

Licences

Pendant ce temps-là, à Amsterdam, au début des années 90, le nombre de coffeeshops continue d’augmenter avec notamment la naissance de certains grands noms de l’histoire des coffeeshops comme : De Dampkring, Lucky Mothers, Dutch Flowers, Grey Area, Greenhouse… auxquels viennent s’ajouter :

4 U, Abraxas, Aggie, Aladdin, Ashanti Kotoko, Baba, Bagheera, Belmondo, Ben, d’Binnenbant, Blue Velvet, The Bushdocter, Cartel, Chicago, City Dreams, Coffeeshop 1990,Coffeeshop 55, Common Sense, Costa Blanca, Cum Laude, Dali, The Doors, Dread Rock, Dromenland, Fatal Flower, Friendship for Ever, Grasshopper II, Grasshopper III, Get a Life, Global Chillage, Green Garden, The Greenhouse Effect, La Grotte, Heath Cliff, Het Hemeltje, Highway, Hill Street Blues, Hook, The Hustlers, Indian, Jamaica, Josephine Baker, Kasbah,Ketama, King Cobra,Little, Lucky Mothers, Magic, Marbella, Marhaba, Matchu Picchu, Midnight Express, Mike Coffeeshop, Milk Bar, Monaco, Nes Café, Oke, Paradox, The Pooldog, De Prijs, Rasta Baby, Relax, Real Thing, Remember, La Rocka, The Rookies, Sancho Ponza, SensiCoffeeshop, Sensimillia, Sheiva, Snoopy, Stone’s Café, Sturgis, Terminator,  De Top, The Tunes, Virgin, Vredespijp, De Waeghals,The Wall, De Waterval, Wild Style, Het Wonder, Yazoo, Het Zonnetje…

En 1994, Amsterdam comptait 452 coffeeshops, un record !

Il en va de même pour tout le pays, où tous coffeeshops confondus (illégaux et déclarés) on flirte avec les 1500 établissements. Ces chiffres record vont donner lieu à une nouvelle réglementation.

En effet en 1995, c’est l’arrivée des licences. En effet à présent, un numéro licence est attribué à chaque coffeeshop officiel.  Ce système va évidemment avoir des conséquences sur le nombre de coffeeshops, qui va, pour la 1ère fois de son histoire, diminuer aussi bien pour Amsterdam que pour les Pays-Bas. Si les licences vont permettre plus de transparence et protéger certains coffeeshops, beaucoup vont en effet fermer et d’autres continueront à exercer sans licence mais seront considérés comme des coffeeshops illégaux et seront traqués.

A partir de ce moment, le nombre de coffeeshops va diminuer peu à peu, jusqu’à descendre à 288 unités en 1999 pour Amsterdam et 846 dans tout le pays. Entre temps certains excellents coffeeshops ont donc disparus : Lucky Mothers, Free City… et de nouvelles chaines se sont développées : Greenhouse, Rokerij…

 

 

                                                                        TEXTE ECRIT PAR SATIVALEX

 

 

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Commentaires

14.10 | 10:52

Merci!! grace à vous notre séjour a été + ke réussi. Des infos comme dans votre site on en trouve nulle part ailleurs!! merci encore longue vie à vous!!

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24.06 | 14:42

bonjour, comment savez-vous toutes ces infos sur les coffeeeshops? ets-vous patron de coffeeshop? merci

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10.06 | 03:07

KINGS OF WEED !! GOT SOME FOR ME ??

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08.05 | 22:13

awesome!!! I learn so much you, thx!

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